Dessine-moi un piano

 

« Dessine-moi un piano » de et interprété par Jean-Paul Farré dans une mise en scène de Stéphane Cottin au théâtre des Gémeaux est une aventure burlesque d’un chauffeur de clavier par le petit bout de la lorgnette.

Nous entrons dans la salle, heureux d’envisager avec un tel comédien de passer plus d’une heure de bon temps.

 

Nous sommes accueillis par un pianiste en queue de pie qui répète en jetant avec désinvolture ses partitions sur le sol après lecture, le tourneur de pages étant absent, sans doute occupé à des tâches plus importantes.
Et comme le dira très justement notre artiste, « n’oublions pas qu’un tourneur de pages, c’est quelqu’un qui sait lire la musique mais ne sait pas la jouer… »
Le ton est donné !

Puis tout d’un coup, il prend conscience qu’il n’est pas seul et que le public attend le concertiste, il s’excuse de sa présence mais nous explique les fondamentaux de sa fonction.

Et c’est parti pour 1h10 de délires non stop.

Stéphane Cottin dans sa mise en scène d’une précision symphonique a su tirer profit du côté clownesque de Jean-Paul Farré sans en abuser.
Il a mis en avant sa folie légendaire sans en appuyer les effets qui sont d’un naturel désarmant.

 

Rendez-vous compte le piano travaille six heures par jour, un échauffement nécessaire afin que le concertiste puisse venir délecter son public pendant une à deux heures. Et cela est le travail de l’ombre de notre pianiste de la soirée.

Il aura fort à faire avec ce piano qui n’a pas dit son dernier mot, las de ces vicissitudes, avec son clavier porté sur la boisson.

Un piano qui en a marre de jouer à longueur de journée pour faire répéter les petits rats devant leur miroir : quelle déchéance pour un piano à queue digne des plus grands répertoires dans les plus majestueuses salles de concert, sans oublier sa révision indispensable des 60.000 notes s’il veut continuer à être performant.

Nous admirons avec un certain plaisir notre Auguste devant son piano blanc, noir devrais-je dire…le coach du piano qui jouait assis…quoique…

Et pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué : tout le monde sait que le début et la fin d’un spectacle est ce qu’il y a de plus important, le milieu n’étant qu’un remplissage pour tenir en haleine le spectateur…seul le résultat compte…

Cet homme est fou, fou pour notre plus grand plaisir, une folie maîtrisée, plus dure qu’il n’y paraît, il nous emporte vers les portes de la liberté, liberté de penser, de rire, de s’émouvoir. Nous proposant différents finals tous plus abracadabrantesques les uns que les autres aidés en cela par les vidéos fantastiques de Léonard apportant une touche de poésie dans ce capharnaüm de notes en délire.

 

Vous l’aurez compris, courez voir, entendre, admirer Jean-Paul Farré dans un enthousiasme salvateur.

 

 

« Dessine-moi un piano » au Théâtre des Gémeaux, jusqu’au 31 juillet à 17h20.

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