24 Janvier 2025
« Bezperan, le jour d’avant » du Collectif Bilaka, une idée originale d’Arthur Barat Mailharro, Zibel Damestoy Untsain, Xabi Etcheverry Itçaina et Daniel San Pedro qui assure la mise en scène, sur la scène du théâtre Michel Portal à Bayonne, une production déléguée de la Scène nationale du Sud-Aquitain, est une ode à la nature où le bâton tutoie la jupe et le ruban.
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Après Gernika au succès retentissant, le Collectif Bilaka poursuit sa quête de prédilection, à savoir les mouvements de la nature transformés par l’homme, en nous présentant sa nouvelle création : Bezperan.
Cueillis par un brouillard suspendu au sifflement du vent, nous découvrons patiemment les danseurs qui s’adressent à nous dans une complainte basque au timbre léger, sur un souffle apaisé. Sur un tapis laineux à la douceur réconfortante, les esprits s’éveillent langoureusement pour annoncer la mort de l’hiver et éloigner sur la montagne le manteau des affres d’un froid vivifiant.
Dans une expression graphique aux lignes douces et précises, soulignée par un soleil qui pointe le bout de son nez, et dans un port majestueux, le collectif dit au revoir à l’hiver.
Dans une frénésie superbement contrôlée, les bâtons s’en donnent à cœur joie pour nous réveiller. Une danse traditionnelle basque revue et corrigée sous l’œil attentif de Martin Harriague. Des chocs à la sonorité étincelante donnent un rythme à en perdre le souffle au sens propre comme au sens figuré.
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Les huit danseurs, trois femmes et cinq hommes, se déchaînent à en perdre haleine et dans une joie communicative ils nous embarquent dans leur folie de leurs sauts qui tutoient le ciel.
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Puis ce sont les jupes à la blancheur immaculée qui tournoient dans l’espace telles des derviches tourneurs pour dans un impressionnant Fandango nous cueillir jusqu’à l’évanouissement sous un soleil de plomb, jalousant un marathon de la danse qui fit date. Les jambes, les bras, s’affolent dans une ronde aux sauts cadencés…l’esprit de la nature est passé par là…
Comment ne pas conclure un ballet aux accents basques maîtrisé à la ligne, au saut près, par la danse traditionnelle des rubans où le mât frôle dangereusement un ciel orageux, tel un paratonnerre. Des éclairs, la tempête, rien n’y fait, les danseurs sont pris dans un rythme qui va crescendo pour composer une musique des rubans qui s’enlacent méthodiquement pour former une symphonie aux accents étourdissants. L’orage aura raison du mât qui rend l’âme et se plie à sa volonté, comme les danseurs qui ne peuvent qu’accepter ce que la nature leur donne en retour d’un investissement considérable.
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Après une dernière complainte à la douceur basque Izar Aizpuru Lopez, Arthur Barat, Zibel Damestoy, Ioritz Galarraga Capdequi, Oihan Indart, Ioar Labat Berrio, Maialen Marriezkurrena Artola et Aimar Odriozola Pellejero, comme les abeilles, tirent leur révérence dans une beauté d’expression mémorable. Un collectif composé d’une jeunesse éperdument amoureuse de la nature, de son origine, qui dans une brillance nous interpelle à chacune de ses créations. Sans oublier, sans qui cela n’aurait pas la même saveur, les musiciens Patxi Amulet, Xabi Etcheverry, Stéphane Garin et Paxkal Irigoye. Le tout mis en scène par l’Auguste Daniel San Pedro, remarqué dans « On achève bien les chevaux » lors de sa venue en septembre 2023 à la salle Lauga (cliquez) : rien ne lui échappe dans le geste, dans l’intention, il dirige et fait habilement communier le Collectif Bilaka dans une cohésion affirmée.
« Bezperan, le jour d’avant » sur la scène du théâtre Michel Portal, une production déléguée de la Scène nationale du Sud-Aquitain, prochaines représentations les 25, 28, 29 janvier à 20h et le 26 à 17h, ensuite le 04 février à Gradignan, le 06 février à Poitiers, le 19 février à Pau. vu le 240125